Canalblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

The Phoenix Rises

Publicité
17 janvier 2013

Helloween : Straight out of Hell

helllstraight4outof416/20

"Ouvert sur l’avenir mais toujours avec un œil sur le passé [...] Un simple « merci » ne sera pas de trop ..."

 

 
 
 
Inébranlable et indétrônable. Même lorsqu’ils furent dans les profondeurs les plus pourrissantes et atrophiées du trou créatif, quand ils étaient dans les affres de la médiocrité et au moment où plus rien ne semblant pouvoir éviter une inéluctable chute vers l’oubli collectif. Même à cet instant, ils y ont cru, sans jamais renoncé, en regardant toujours loin devant, fort et fier comme un roc, l’oiseau Helloween a continué, envers et contre tous, d’avancer. Les citrouilles n’ont jamais renoncé.

Quinze albums plus tard, ils apparaissent même au firmament d’une carrière exemplaire et marquée par le courage et une passion sans commune mesure. Clairement pas parfaite, la discographie d’Helloween, emmené par les vétérans Michael Weikath et Markus Grosskopf, n’a jamais vécu de véritables creux temporels, jamais trois ans ne passant sans une nouvelle livraison du groupe (que ce soit un album studio, de reprises, un live, un best of…) et on peut aujourd’hui clairement dire, depuis "Rabbit Don’t Come Easy", que la personnalité si typique d’Andy Deris derrière le micro s’est désormais complètement ancré dans le paysage des citrouilles, la nostalgie de Michael Kiske ayant enfin disparue. De plus avec un line up stable depuis cette période (avec le taulier Dani Löble derrière la batterie et le transfuge de Freedom Call Sascha Gerstner en tant que virtuose à la guitare), Helloween est revenu en force avec le troisième volet des "Keeper of the Seven Keys" et il y a trois ans avec leur opus le plus abouti depuis vingt ans, à savoir un "7 Sinners" ayant pourtant fortement divisé les fans. Sombre et agressif (les photos du livret montrant les membres du groupe reprenant les gimmick des tueurs en série les plus réputés du cinéma), l’album osait réellement et cassait l’image happy metal des allemands.

Car il s’agit bien là d’une des recettes de la longévité du quintette, à savoir toujours cette faculté de vivre avec son temps, de ne pas rejeter la modernité et de toujours s’armer d’une production en béton armé propre et coller un coup de pied au cul des trois quart de la scène Power moderne (merci Charlie Bauerfeind !). "Gambling with the Devil" avait déjà fait un premier pas vers plus de puissance, voire de violence (il suffit de se manger "Kill It" dans les dents ou de tester ses cervicales sur le surpuissant "Paint a New World") avant que "7 Sinners" ne mettent les petits plats dans les grands.
Tout en revenant à un enrobage clairement moins sombre, "Straight out of Hell" (littéralement « Tout droit sorti de l’Enfer) donne d’emblée le ton, son artwork dévoilant des citrouilles chimiquement modifiée, un drapeau de révolte et un panel d’armes de destruction qui ne laisse que peu de chance à un contenu sans puissance.
Pourtant, on ne manquera pas d’avoir des morceaux très convenus et « happy » tels que le sympathique "Live Now !" (qui ne manquera pas de rappeler "Open your Life") ou "Burning Sun", ne formant pourtant pas la matière première du disque.

"Nabataea" ouvre d’ailleurs le disque dans une speederie comme Helloween nous l’a habitué depuis quelques années, Dani étant toujours un torpilleur hors pair, suivi de près par un Andy Deris encore une fois très en voix. On remarque immédiatement que la production est un peu plus claire que sur l’album précédent, et que la caisse claire se veut moins percutante, plus ronde et clean, atténuant de ce fait un peu l’agressivité du rendu. Mais cela n’entache en aucun cas la puissance de la composition, aux riffs acérés et aux accélérations radicales (Sascha est un véritable génie) débouchant sur un refrain angélique où le blondinet se permet encore de nous faire profiter de vocalises assez hallucinantes pour son âge. Évidemment, comme le groupe nous l’a aussi habitué depuis quelques années, le titre est en lui-même très orchestré, ponctué de nombreuses interventions de claviers qui enrichissent considérablement le spectre sonore, notamment sur le premier break ou encore après le premier solo, où les riffs se font de plus en plus rapide avant une nouvelle accélération qui risque de tout détruire en concert (et se final où Dani blaste sa caisse claire comme il pouvait le faire dans "Are You Metal ?").
Les choses se font encore plus radicales avec l’expéditif "World of War", très mélodique dans son introduction, mais se faisant plus haché et brut de décoffrage après trente secondes. Le ton se fait sombre, Andy crépusculaire et les claviers sentencieux et presque gothiques. Comme toujours, le refrain arrive comme un point d’orgue, un point d’ancrage qui permet à la composition de trouver son for intérieur et de respirer, tout en formant un repaire imparable dans l’esprit de l’auditeur. Composition géniale autant dans son rendu que dans la prise de risque de son approche des plus sombres pour Weiki, "World of War" est ce genre de titre que l’on aimerait entendre de la nouvelle génération tant elle est la parfaite fusion de tradition et de modernité, d’un groupe ancestral qui, sans jamais renier ses racines, peut faire chavirer les auditeurs plus novices du metal mélodique ou amateur de musique plus dure.

Du même calibre, l’énorme titre éponyme se forme sous le même angle. Une première mélodie, presque niaise, avant un riff énormissime qui détruit tout sur son passage, avec un couple basse/batterie à couper le souffle. Et encore une fois, un refrain impossible de se départir une fois qu’il est entré dans la caboche, pas loin d’être parmi les meilleurs depuis pas mal d’albums (écrit par Markus, toujours très appliqué à cet exercice) et, là encore, une paire de soli à tomber avant qu’un break pur et sublime ne nous réapprenne les codes du genre. "Asshole !" poursuit avec un refrain une fois de plus sous forme de tuerie, mais un couplet étrangement creux, peinant sincèrement à s’extirper d’une mélodie vocale trop convenue et d’un riff faiblard (fait rare quand le morceau est écrit par Sascha). Il suffit pourtant d’entendre la voix de Deris s’envoler sur le refrain pour en faire un instant que l’on voudra réécouter encore et encore…
Oui, il ne faut pas se leurrer, "Straight out of Hell" possède les tares similaires à la plupart des livraisons d’Helloween depuis l’arrivée d’Andy Deris, à savoir son lot de tueries absolues mais encore trop souvent des titres de remplissages qui ne font que remplir l’album pour cinquante minutes (écueil qu’évitait d’ailleurs intelligemment "7 Sinners"). C’est notamment le cas d’un "Years" anecdotique ou de la ballade "Hold Me in your Arms" bien loin du sublime "Light the Universe". En revanche, la surprise du tribal "Wanna Be God" est réelle ; deux minutes où Andy est la seule pulsation du morceau, ponctué par des percussions grandioses et frappées avec rage (on pense assez facilement au "We Will Rock You" de Queen) avant un ultime riff tout en distorsion. Idem concernant le magnifique "Waiting for the Thunder" qui, à la manière d’un "As Long I Fall" ou d’un "If I Could Fly", se veut très mélodique et mélancolique, livrant une merveille de refrain posée sur une ligne de piano simple mais furieusement émotionnelle. Deris, compositeur du morceau, y chante avec ses tripes et noue les autres.

Vous l’aurez compris, on trouve dans ce "Straight out of Hell" ce qui fait depuis trois décennie un excellent opus d’Helloween, avec ses qualités et ses défauts, tout en retraçant plusieurs époques. Pas forcément parfait, mais très bon dans ce qu’on attend d’eux, ce quinzième album est un nouveau témoignage de la fidélité du combo pour ses racines, ses fans mais aussi son amour pour la musique et cette expérimentation constante qu’ils tentent d’apporter pour ne jamais complètement se répéter et apporter de nouvelles sensations aux fans. Ouvert sur l’avenir mais toujours avec un œil sur le passé, voilà une belle prouesse d’un groupe qui, plus que jamais, fait rêver trois générations de fans partout dans le monde. Un simple « merci » ne sera pas de trop pour les remercier d’être toujours présent, là où certains ont depuis fort longtemps déposé les armes…
Publicité
20 novembre 2012

Eclectika : Lure of Ephemeral Beauty

 

Lure of Ephemeral Beauty12/20

"L'évolution est en soi minime [...] peut-être un jour aurons nous droit à une œuvre entièrement instrumentale [...]"

 

Dans la brume des nébuleuses…à travers l’opacité des étoiles et des lumières astrales…une éphémère beauté…

Amalgame de lumière et de ténèbres, de violence et d’apaisement, de diabolisme et de spiritualité, Eclectika est seul dans son monde. Reculé et isolé dans cette volonté consciente de n’appartenir à personne, Sebastien Reignier perdure, avec son entité et son label, Asylum Ruins Records, à être indépendant envers et contre tous.
Foncièrement minimaliste et peu enclin à se rapprocher d’une quelconque mode ou autres effets de style, Eclectika reprend avec son troisième méfait, "Lure of Ephemeral Beauty", exactement là où "Dazzling Dawn" s’était arrêté. Cette réunion, désormais reconnue, de black metal, de musique acoustique et d’art ambiant, façonne la personnalité peu conventionnelle de la bête, sans pour autant la rendre foncièrement expérimentale ou difficile d’accès.

Toujours accompagné d’Aurélien Pers pour le chant, mais aidé par une nouvelle individualité pour les vocaux féminins (Noémie Sirandre), Sebastien Reignier a même rendu sa recette plus fluide et simple d’accès avec cet album, rendant l’ensemble moins complexe à appréhender et globalement moins sombre et malsain que sur son effort précédent. Le black metal du titre éponyme par exemple, en est un bon exemple puisque, hormis les hurlements ignobles de Sebastien et Aurélien, la musique en elle-même se veut très accessible. On regrettera même, par ce biais, une trop grande facilité d’accès, à travers un riff véritablement passe-partout et surtout une rythmique inconsistante qui ne lance pas l’album sur orbite comme un premier titre devrait le faire. Il s’agissait déjà du défaut majeur de son prédécesseur mais il semble que celui-ci soit rédhibitoire, tant l’ambiance véhiculée par la musique ambiante du groupe ne trouve pas son homologue avec le penchant black metal de son art. "Through the Supernova Remnant" lançait pourtant admirablement ce voyage cosmique, à travers une ambiance unique et onirique, spatiale et écartelée entre luminosité et obscurité lunaire. L’influence de Macabria ou Darkspace, très perceptible sur les deux premiers opus, se fait donc plus lointaine pour se forger une personnalité plus marquée et propre.
On retrouve donc, de manière attendu, le fameux "Trauma 835" (faisant suite à "Asylum 835" et "Experience 835") dans un dialogue schizophrénique effrayant et angoissant, preuve, s’il fallait encore le démontrer, qu’Eclectika est passé maitre dans l’art de créer une ambiance sourde et glauque, pesante et malsaine par l’intermédiaire d’une musique ambiante terrifiante et angoissante. Les sons se multiplient, les sonorités s’étirent, la brume s’épaissit et, inexorablement, la pression monte. La gorge se serre tandis que les tripes se contractent face à cette déferlante de cris et de hurlements (comment ne pas penser au "Borée" d’Elend ?), à l’instar d’âmes en peine cherchant indéfiniment la rédemption dans les affres du Léthé.

Il est donc toujours aussi énervant, si ce n’est décevant, de remarquer la banalité de compositions comme "Cyclic Anagnorisis" qui, une fois privée du chant haineux et excellent du duo de vocalistes, se retire comme peau de chagrin déjà par une production toujours aussi médiocre concernant la batterie et les guitares, presque inaudibles. On ne discerne pas forcément de basse et l’ensemble est noyé dans les vocaux, ne rendant pas justice à ce que le groupe a vraiment voulu exprimer à travers ses titres. Les structures sont bien trop simples pour éviter un ennui rapide, alors qu’à l’inverse, une composition comme "Sweet Melancholia" va être capable de captiver par son atmosphère unique. Le constat se veut presque identique à celui de l’album précédent, comme quoi Eclectika ne possède pas les armes, ni la production adaptée, pour s’imposer dans le black metal mais dispose néanmoins d’un talent unique dans la musique ambiante pour poser et développer des ambiances cinématographiques des plus malsaines. "Sweet Melancholia" peut surprendre car il n’est composé que de guitare acoustique et de chant féminin, mais il s’intègre parfaitement dans ce schéma (parfois quelques erreurs de justesse de la part de Noémie Sirandre, se campant trop dans des aigus qu’elle ne maitrise pas complètement). A l’instar de "There is no Daylight in the Darkest Paradise", "Room Nineteen" confond et mélange ces deux aspects antinomiques pour une excellente fusion, très cohérente et bien plus intéressante que l’unique metal, définitivement trop inconsistant de la part du groupe (là encore, Noémie ne s’intègre pas toujours dans la composition).

En revanche, Sebastien Reignier retrouve son génie sur "Aokigahara", longue pièce instrumentale de dix minutes, longue litanie cosmique très atmosphérique qui ne dépareillerait pas dans un film (nous sommes loin de la lente agonie de "11 Corps Décharnés").
Il est donc, finalement, difficile de savoir si nous sommes déçus ou heureux de ce troisième album, tant la sensation est similaire en tout point à celle du précédent. Déçus, nous sommes forcés de l’être car l’évolution est donc en soi minime, mais force est d’admettre que le talent pour la musique ambiante ne s’est pas perdu en route, même si on remarquera un changement notable d’ambiance entre les trois albums ("Lure of Ephemeral Beauty" étant bien plus lumineux et spatial que les deux précédents, définitivement plus abyssaux). Le projet a toujours autant de difficulté à exister dans un univers black metal, la faute à une inconstance dans les riffs et les structures, et surtout une production ne lui permettant pas d’être crédible dans ce style. Cette volonté est certes subjective, mais peut-être un jour aurons nous droit à une œuvre entièrement instrumentale et ambiante…afin de sombrer corps et âme dans les tréfonds des tourments contés par cet esprit malade qu’est celui d’Eclectika. Et si cela devait arriver, il est probable que nous n’en reviendrons jamais…

19 novembre 2012

Pain : We Come in Peace

 

pain_we_come_in_peace_dvd15/20

""We Come in Peace" est un fidèle

témoignage du groupe [...]"

 

 

« We Come in Peace »

Tels des aliens, des étrangers de notre civilisation et de notre espace-temps, ils arrivent. Ils prennent vie, face à nous, pour nous coloniser et nous asservir.
Créatures de l’espace, destructeurs ou amicaux, ils nous disent venir en paix. Mais est-ce réellement le cas ? La bande de Peter Tägtgren est-elle véritablement digne de confiance ? N’est-ce pas un monstre qui, avec le temps, est devenu de plus en plus vicieux et sombre ? Nourrissant le démon avec ses compositions certes accessibles, mais néanmoins de plus en plus diaboliques et metalliques, s’éloignant des teintes électroniques et ambiantes des débuts ?

Il est aujourd’hui bien loin le temps où Pain n’était qu’un projet solo destiné uniquement au studio, sans line-up et sans espoir de voir une représentation live du side-project créé par le mentor d’Hypocrisy. Désormais possesseur de sept opus studios, armé d’un véritable line-up et ayant écumé un nombre incalculables de pays (la tournée en ouverture de Nightwish lors de la sortie de "Cynic Paradise", l’ensemble des festivals lors de l’été 2012), Pain a pris une dimension étonnante et se veut actuellement un poids lourd de la scène moderne.
Sortie qui aurait pu paraître une hérésie il y a dix ans, "We Come in Peace" voit pourtant le jour, sous la forme d’un luxueux digibook A5 regroupant un dvd de deux concerts ainsi que deux disques audio distincts.

S’il n’apporte pas de grandes nouveautés ni un effort particulier pour se distinguer des dvd actuels inondant, "We Come in Peace" est un fidèle témoignage du groupe et de l’explosivité qui l’anime en concerts. Si on peut regretter l’absence de bonus utiles, ou de contenu de fond, on pourra au moins se satisfaire des deux excellents shows nous étant présenté. Le premier fut filmé dans une petite salle de Stockholm, rendant une ambiance presque intimiste et très proche du public, avec une salle en furie, tandis que le second a été capté lors du massif Masters of Rock devant plusieurs dizaines de milliers de fans, de nuit.
Le show de Stockolm est superbement filmé, avec une très belle lumière et une scénographie sobre mais parfaitement survolté par un Peter charismatique ainsi qu’une prestation des plus rock n’roll de David Wallin portant une crête punk sans discrétion. Le point noir se situerait plutôt dans le déroulement des bonus, forcément intercalés entre les titres (comme dans le "Elegies" de Machine Head) et qui ne peuvent en plus pas être désactivés ou regardés de façon individuelle. On se demande qui peut avoir eu une idée aussi peu ergonomique et agréable, tant on a l’impression que le soufflé et la tension retombe entre chaque session de bonus (des vidéos pipi/caca pas forcément intéressantes, voire carrément soulantes au bout de la dixième). Mais si on met ça de côté, force est d’admettre que rien que l’introduction du destructeur "Let me Out" suivi du magique "Dancing with the Dead" mérite de voir ce concert. Peter, ayant pris un peu de bedaine (la vie sur la route n’a pas que des avantages), se donne pourtant à cœur joie pour haranguer la foule tel un leader né. Revisitant l’intégralité des albums, Pain joue avant tout des tubes que les fans se font un plaisir de chanter en chœur. Des agressifs "Zombie Zlam" ou "Supersonic Bitch" en passant par le démentiel "Monkey Business" ou les ultra catchy "Nailed to the Ground", le tube absolu "I’m Going In", le superbe "Same Old Song" ou encore le nouveau "The Great Pretender" qui est repris par toute la salle.
Le groupe joue même le plus country Have a "Drink on Me" de manière acoustique, chacun s’asseyant sur le devant de la scène et se rapprochant du public pour un instant ouvertement fun où Andre Skaug (ancien bassiste du groupe) rejoint le groupe pour ce petit jam frôlant l’improvisation sur la fin.

Rien de similaire au Masters of Rock, où le groupe nous offre en plus le confort d’une setlist très différente, n’ayant pas la désagréable sensation (comme ça peut être le cas sur le nouveau dvd de Gojira par exemple) de regarder deux fois la même chose dans un contexte différent. La setlist en soi est tout aussi excellente, avec quelques vieilleries comme le spatial "Dark Fields of Pain" ou encore la sublime reprise du culte "Eleanor Rigby" des Beatles, repris par une foule complètement en transe. Certes, on retrouve les impondérables (l’enchainement "I’m Going In"/"Monkey Business", le final "Shut your Month" et ses « hoho » à foison, le single "The Great Pretender") mais l’interprétation en elle-même, sur cette immense scène de festival, est beaucoup plus carré et professionnelle. Le costume de Peter est également légèrement plus théâtral, le ‘sieur se parant d’une camisole de force (un petit air d’Alice Cooper) pendant que Michael Bohlin et Johan Husgafvel permutent constamment de chaque côté de la scène.

Globalement, "We Come in Peace" est donc un excellent produit, enrobé dans un très bel emballage, malgré quelques défauts évidents. A savoir le manque de bonus véritablement intéressants, leurs emplacements dans le concert de Stockholm ou encore les quelques différences perceptibles entre la version audio et video (dommage que "Dirty Woman" ne soit pas dans le dvd de Stockholm par exemple, alors qu’elle fut bien jouée ce soir-là). Cependant, il serait dommage de bouder son plaisir et de ne pas succomber face à cet alien certes venu d’ailleurs, mais vraiment des plus séduisants.

2 novembre 2012

Axel Boman : Wake Up

Wake Up13/20

"Un opus très acceptable, qu'on pourra écouter avec plaisir, et même y revenir si le coeur vous en dit"

 

Nous annoncions le monde des guitar hero bien déconfit mais force est d’admettre que, depuis quelques mois, le genre revient en force.
Entre les nouveaux opus de Steve Vai, de Jeff Loomis, les escapades solos de Stephan Forte ou Kiko Loureiro, on peut dire que les guitaristes sont à l’honneur cette année et que le style semble mieux se porter qu’il y a encore quelques mois, où on pouvait logiquement penser que le terme même de guitar hero était devenu désuet et obsolète.

Aujourd’hui encore, un jeune label français veut nous prouver le contraire, à savoir Backup Records, qui propose sa première production avec un album entièrement instrumental, à savoir celui du guitariste Axel Boman, qui a longtemps attendu pour enfin pouvoir sortir cet album.
Premier opus donc, répondant au patronyme positif et communicatif de "Wake Up", pour un album résolument engageant et lumineux, fuyant à grands pas la négativité et le pessimisme ambiant et attache à la scène metallique de ces dernières années.
N’apportant pas forcément beaucoup d’eau au moulin du style, "Wake Up" à le mérite d’être un album très convenable, techniquement irréprochable et doté d’une production très old school et d’un feeling qui n’est pas sans rappelé celui de Joe Satriani dans les années 80/90 (le ‘sieur a d’ailleurs repris "Surfing with the Alien", et s’en est servi comme de vitrine promotionnelle avant la sortie physique de "Wake Up").

Il suffit d’écouter le morceau titre pour s’en convaincre, entre cette mélodie acoustique et ce sens du lead mélodique d’une beauté et d’une grande fluidité, jouant toujours plus sur la mélodie que la technique, l’émotion que le cerveau, les harmonies que les gammes. On s’éloigne du genre néo-classique d’un Malmsteen pour se rapprocher également, parfois, d’un Kiko Loureiro dans le rendu des soli, très purs. Mais Axel Boman s’est visiblement fait plaisir avant tout puisqu’il brasse un grand lot d’atmosphère et d’influences, du rock au metal mélodique, en passant parfois par des teintes plus folkloriques ou traditionnelles. On peut notamment évoquer le final d’"Irish Coast", avec de la flute, de la cornemuse et des percussions qui rappellerait presque le "Rock of Cashel" d’Edguy. A l’inverse, "Teenage Idol" est un pur titre centré autour de la guitare, très technique mais ne mettant jamais au second plan l’impact mélodique de l’ensemble, et évitant assez facilement l’écueil simpliste de la technique stérile.

Cependant, "Wake Up" a tout de même des difficultés à complètement se réveiller (paradoxe ?) et peine parfois à convaincre sur la longueur. Effectivement, l’album ne parvient pas à suffisamment se renouveler sur douze compositions pour être réellement cohérent et solide dans son ensemble, montrant des signes évidents de faiblesses sur certains titres plus faibles et anecdotiques ("Funky Boy" par exemple, qui ne captive à aucun moment, ou encore le langoureux "One Day, We’ll Live Together Again" qui, du haut de ses six minutes, s’enfonce dans un ennui maladroit où la fin d’album commence à se faire très longue). Il y a certes le très rock n’roll "Fire Boogie", intenable et plus proche des délires d’un Vai endiablé que d’un metal réellement mélodique, impressionnant de maitrise mais surtout d’inventivité et de groove, mais le fait est que l’ensemble de l’album n’est pas de cet acabit. La personnalité d’Axel Boman derrière sa guitare n’est pas encore assez marquée, et le guitariste se veut encore un florilège d’influences plutôt qu’un musicien avec un son propre dont on reconnaitrait l’identité dès la première mesure.
"Wake Up" n’en reste pas moins un opus très acceptable, qu’on pourra écouter avec plaisir, et même y revenir si le cœur vous en dit. Mais il ne marquera pas de son sceau les amateurs du genre comme pourrait le faire un album d’un des nombreux guitaristes nommés dans ces lignes. Il en sera sans doute différent la prochaine fois…Axel Boman a beaucoup de talent, et il ne faut plus grand-chose pour que la magie opère complètement. L’étincelle ?
31 octobre 2012

Kamelot : Silverthorn

 

400 x 40016/20

" "Silverthorn", sans prendre complètement de risques, rassure et prouve toute la bonne santé du groupe."

 

Il y a parfois des hommes tellement impliqués dans une démarche créative et artistique que cette dernière devient inconcevable dès lors où l’un de ses principaux moteurs ne ferait plus partie de l’aventure.
C’est encore plus vrai lorsqu’il s’agit de musique, et qu’un membre emblématique d’une entité précise quitte le navire pour diverses raisons. On se souvient, toutes époques confondues, des départs d’Ozzy Osbourne (ou plutôt du limogeage) dans Black Sabbath, de celui de Bruce Dickinson ou Rob Halford dans Iron Maiden et Judas Priest ou plus récemment de Tarja Turinen dans Nightwish ou de l’excentrique Timo Tolkki à la tête de Stratovarius. Dans la plupart des cas, s’ils n’étaient pas forcément les compositeurs principaux, ils étaient à la tête de ces combos, ils les représentaient et les portaient dans l’esprit du public et leur départ signe une réelle cassure, une mort symbolique dans le cœur et l’âme de l’entité.

Lorsque Roy Khan annonça son départ de Kamelot, le cataclysme fut égal à celui du départ de Tarja dans Nightwish auprès de la scène power actuelle. Comment un groupe, singulier en grande partie grâce au caractère absolument unique de son vocaliste, pourrait perdurer dans une voie similaire avec un autre chanteur à sa tête ? Comment cette patte que l’on appellait « romantique », cette vision pleine de sensibilité et de puissance (sans exceller dans la technique) pourrait-elle survivre avec un nouvel arrivant ?
Lorsque le nom de Tommy Karevik fut annoncé, hormis les fans de prog plus confidentiel (en l’occurrence Seventh Wonder), le public fut dans l’expectative. A l’écoute de sa voix, le style semblait tout de même bien différent, plus traditionnel dirions-nous, et ce n’était pas l’action d’avoir demandé à Fabio Lione de dépanner le groupe ponctuellement qui était en soi rassurant tant le génial italien s’acclimatait difficilement au son de Kamelot.

Puis vinrent les premiers concerts et on comprit rapidement que Thomas Youngblood n’avait pas choisi Tommy par hasard. Outre certaines similitudes physiques (la carrure et la coupe de cheveux notamment), il fut au début troublant de l’entendre tant on avait la sensation d’entendre Roy, son esprit ressuscité dans le corps de Tommy, ce dernier allant même jusqu’à reprendre certaines poses du norvégien (la façon de s’accroupir sur les retours par exemple). La réponse serait donnée sur l’album : réincarnation sans âme ni prise de risque ou véritable personnalité propre ?

"Silverthorn" est finalement un mélange de ces deux points, gardant le son et le style Kamelot inchangé et présentant son nouveau chanteur de façon très contrastée et logique, sans marquer de réelle scission entre "Poetry for the Poisoned" et "Silverthorn". Le groupe a également la « chance » que l’opus précédent ait été reçu comme une légère déception après les œuvres matures et d’une finesse incroyables que furent "The Black Halo" et "Ghost Opera". Ainsi, "Silverthorn" revient avec une inspiration et un souffle nouveau, comme porté par ce nouveau membre ainsi insufflé une nouvelle énergie à Kamelot.
De l’artwork au concept en passant par la sublime édition limitée (comportant un artbook retraçant le concept, un deuxième disque, un poster et le digibook de l’album, on peut dire que SPV a bien fait les choses, et à petit prix), le groupe est fier de son disque et nous le montre. Et dès "Manus Dei", c’est un Kamelot très symphonique et grandiloquent que nous retrouvons, visiblement moins sombre et ésotérique que sur le dernier album. "Sacrimony (Angel of Afterlife)" déboule dans la veine typique des morceaux introducteurs du combo. Un tempo rapide, un refrain marquant et un invité jouant sur les contrastes. Clairement, les tics vocaux de Tommy se rapprochent de Roy, sa voix s’immisce complètement dans le paysage sonore du groupe et quelques intonations plus hargneuses marquent sa différence mais sur le refrain, on en viendrait à douter de la réelle identité du chanteur. Est-ce lui qui s’est fondu très vite dans le moule ou alors simule-t-il sa voix ? Difficile à dire. Toujours est-il que le refrain est une véritable tuerie et que dire de l’apparition d’Alissa White-Gluz (The Agonist) qui pose son timbre démoniaque comme Bjorn Strid ou Shagrath l’avaient fait avant elle ? De plus sur une percée très impressionnante de cuivre et un break en soi sombre et puissant. Une double confrontation de guitare/claviers s’enchainent ensuite pour que Tommy s’emballe sur un final très convaincant.

Et en soi, "Silverthorn", ensuite, ne déçoit que très rarement et ne souffre jamais du manque de souffle et de variété de son prédécesseur, en étant à la fois plus cohérent et fort dans ses compositions. La production, toujours signée par Sascha Paeth, est très proche des précédents efforts et porte la marque de Kamelot à chaque instant (même si on aimerait toujours que la batterie de Casey Grillo soit moins ronde et plus percutante). Le plus sombre et syncopé "Ashes to Ashes" évoque le terrible "The Human Stain" en posant un refrain imparable et surtout le feeling tout en émotion de Tommy à qui, pour un premier album de cette envergure, on pardonnera de ne pas complètement se lâcher et rester encore cantonner à un style que l’on attend de lui. On peut, dans cette optique, penser aux débuts d’Edu Falashi dans Angra qui, avec "Rebirth", ne faisait que tâter le terrain avant le monstrueux "Temple of Shadows". D’ailleurs, il suffit d’écouter la véritable perle qu’est "Song for Jolee" pour se rendre compte que lorsque Tommy chante avec ses tripes, il peut proposer sa véritable identité et toucher l’auditeur par sa sincérité et la beauté de sa voix (la ligne vocale de cette ballade vocale n’a rien à voir avec ce qu’en aurait fait Roy s’il l’avait chanté).

De même, on pourra être surpris par le caractère très mélodique, presque sentencieux, du très réussi "My Confession" ou encore des symphonies grandioses et guerrières du morceau éponyme, véritable bande son cinématographique dans un genre proche de Nightwish. Les chœurs sont plus impressionnants que jamais tandis que les riffs débitent de manière monolithique un rythme syncopé et tranchant. Tommy y est parfait dans ses multiples lignes vocales, démontrant toute sa versatilité, tandis que le break avec la chorale d’enfants n’est pas sans rappeler celui de "Rest Calm" sur "Imaginaerum" de vous-savez-qui. Il ne faut également pas oublier le long et ténébreux "Prodigal Son", divisé en quatre parties, mais restant très lent et solennel tout le long du morceau, conservant une aura mystique et religieuse sur l’intégralité de la composition. Les soli y sont poignants d’émotions.

"Silverthorn", sans prendre complètement de risques, rassure et prouve toute la bonne santé du groupe de Thomas Youngblood, désormais mentor exclusif du combo. Le cas de Tommy Karevik rassurera les fans qui pensaient que le départ de Roy serait irréparable par la ressemblance de registre tandis que ceux qui plaideront que le jeune suédois ne chante pas honnêtement pourront se retourner sur des passages où ce dernier dévoile sa véritable personnalité. Ce dixième album est un opus de transition, et il est souvent de ceux qui annoncent un chef d’œuvre (les successeurs de "Polaris", "Dark Passion Play" ou "Rebirth" ne furent-ils pas des œuvres mémorables ?) à venir. Le groupe va grandir avec ce nouveau line-up, disposant d’un opus suffisamment fort pour ne pas être oublié et d’un potentiel qui fera que nous les attendront réellement au tournant la prochaine fois, l’indulgence avec laquelle nous pouvons recevoir ce "Silverthorn" n’étant désormais plus. La balle sera entre leurs mains…le jugement entre les nôtres.

Publicité
31 octobre 2012

Cradle of Filth : The Manticore & Others Horros

 

Manticore and OH13/20

"Une semi déception pour un opus incomplet et fragile, à l’équilibre instable et à la personnalité effacée."

 

Le dévoreur. La manticore est une créature carnassière et féroce, aussi féline que sauvage, esthétique que brutale et surtout d’un sadisme en devenant malsain dans la mythologie. Dévorant ses victimes par plaisir et se délectant de leurs souffrances, la manticore reste aujourd’hui encore l’incarnation de la bestialité animale. Il n’est donc que peu surprenant que Cradle of Filth, habitué aux monstres mythologiques et aux légendes, s’en soit approprié le nom pour l’appellation de son dixième opus studio, vingt ans après ses débuts.

D’une productivité étonnante depuis quelques années, et revitalisés par les réussites que furent "Godpseed on the Devil’s Thunder" et "Darkly, Darkly Venus Aversa", les britanniques en ont même profité pour proposer un ep longue durée agrémenté d’un dvd complet ("Evermore Darkly") et le fameux projet orchestral qu’ils annonçaient depuis des années ("Midnight in the Labyrinth) pas plus tard qu’il y a six mois. Et c’est déjà au tour de "The Manticore and Others Horrors" de voir le jour, soit deux ans tout juste après "Darkly, Darkly Venus Aversa".
Les premières annoncent soufflèrent le doute chez les admirateurs, entre les déclarations de Dani Filth qui annonçait un opus avec des éléments heavy et punk, le départ du bassiste Dave Pybus (remplacé par le parfait inconnu Daniel Firth) et Paul Allender qui déclarait que l’album ne devrait pas ressembler aux très réussis précédents. L’anxiété était légitime, encore plus après la diffusion du sublime clip de "Frost in the Pillow", où l’excellence visuelle ne permettait tout de même pas de cacher la pauvreté du morceau qui rappelait étrangement la période thrashisante de "Nymphetamine" ou "Thornography", pas forcément les meilleures heures de Cradle. Car outre un riff relativement plat, on retrouvait certes une forte ambiance gothique mais surtout un Dani Filth retombant dans ses travers, avec des vocaux plus clairs mais peu convaincants, ceci ne faisant qu’amenuiser l’impact de la composition.

Heureusement, dans son ensemble, "The Manticore and Others Horrors" reste de bonne facture mais tout de même en deçà des dernières réalisations. Il est à noter que c’est Martin Sharoupka (batterie), décidemment de plus en plus impliqué dans le groupe en plus d’être le meilleur batteur depuis Nick Barker, qui est à l’origine de l’intégralité des arrangements orchestraux de l’album. On passera l’introduction de rigueur qu’est "The Unveiling of O" avant de s’attaquer directement à "The Abhorrent", direct et expéditif à souhait pour ouvrir l’album. L’aspect thrash est très présent mais la virtuosité de Martin derrière les futs permet de varier énormément les structures et les passages violents des compositions, tandis que les riffs évoquent fortement "Nymphetamine", dans cet aspect très britannique de sonner en « twin guitar ». Le chant de Dani, bien que fidèle à lui-même, gagne en clarté ce qu’il perd en puissance. On remarque donc une meilleure élocution, mais par la même occasion un vocaliste fatigué de véhiculer une telle violence depuis vingt ans et parfois à la peine sur les parties les plus brutales. L’empreinte gothique des arrangements et du break orchestral est extrêmement bien ficelé, preuve que Martin est un touche à tout qui, on l’espère, gagnera en notoriété avec le temps (il jouera d’ailleurs dans le prochain album de Masterplan).
Ensuite, l’album manquera foncièrement de variété et de grandiloquence dans son contenu, peinant parfois à maintenir l’attention sur l’intégralité de l’album. Il faut également noter l’absence de longues pièces musicales, les titres ne dépassant pas ici les six minutes. "Illicitus", par exemple, se veut très symphonique, rapide et furieuse dans la pure tradition du groupe, et manque donc singulièrement de surprise, malgré une totale maitrise de son sujet. Les chœurs fantomatiques et sporadiques renvoient plutôt à l’atmosphère très théâtrale de "Damnation and a Day".

A l’inverse de ce retour en arrière, la surprise d’un "Huge Onyx Wings Behind Despair" n’en est que plus grande, s’ouvrant sur quelques sons cybernétiques avant de partir sur un rythme frénétique et un riff black metal qu’il fait bon entendre. Les orchestrations sont nerveuses et grandioses, Dani hurle comme un damné et les changements de tempos apportent une dynamique énorme au morceau, repartant de plus belle sur un blast effréné du monstrueux Skaroupka. La voix, ample et déchirée de Dani est complètement à son aise et place cette composition sur un astre ténébreux, faisans amèrement regretté que l’ensemble ne soit pas de ce calibre. Il en va de même pour le surprenant "Siding with the Titans", à la mélodie au piano mais aux riffs vicieux comme Cradle n’en avaient pas livré depuis pas mal de temps, également surplombé par une superbe performance de Dani au micro. La richesse du jeu de batterie y est, une nouvelle fois, pour beaucoup tant on alterne entre plans rapides, multiples roulements de toms et accélérations fiévreuses débouchant sur des blast beats furieusement rapides. Mais ceci alterne avec un "Manticore" plutôt fade (dont le riff initial est une copie conforme de la version longue de "Nymphetamine" à laquelle se greffe des arrangements légèrement orientaux), un "For Your Vulgar Delectation" très (trop) simple et sans surprise (les riffs thrash n’ont jamais été un modèle de variété et de richesse) ou encore un "Succumb to This" dont les aspirations gothiques sont plutôt précaires (le chant féminin n’est pas une grande réussite).

"Pallid Reflection" surprend également dans le sens ou le riff principal se veut très heavy metal, à l’instar d’un "Forgive Me Father" mais sans son impact metallique qui en faisant un hymne. En revanche, on peut sincèrement se poser la question de mettre en bonus track une composition comme "Death, The Great Adventure" (titre plus long que tous les autres de l’album), parcouru d’un souffle épique incontestable et d’une richesse qui manque singulièrement au corps de l’album.
Dans l’ensemble, la déception est de mise puisque Cradle of Filth était sur une excellente dynamique depuis quelques années et que "The Manticore and Others Horrors" marque clairement un coup d’arrêt, une semi déception pour un opus incomplet et fragile, à l’équilibre instable et à la personnalité effacée. Espérons que le groupe ne passera pas par un second passage à vide, comme ce fut le cas après "Midian", et qu’il repartira plus furieux et digne de son rang dès le prochain disque.

30 octobre 2012

God Seed : I Begin

I Begin cover19/20

"Une création ultime d’un black metal que l’on osera qualifier d’évolutif."
 

 

« La peur est un cri, la terreur un murmure »


Incarcération. Incendies. Violences démagogiques et spirituelles. Le règle de la terreur instauré par la scène black metal norvégienne au début des années 90 n’a connu aucune demi-mesure et reste à ce jour l’extrême revendication d’un art dédié au satanisme et à la parole démoniaque des esprits.
Quinze ans après ses débuts, Gorgoroth, l’un des principaux fers de lance du mouvement, continuait encore d’abreuver de sang et de haine son périple black metal vindicatif et brutal, particulièrement avec un "Ad Majorem Sathanas Gloriam" impressionnant d’intensité et de négativité. Les débuts du groupe étaient désormais loin, mais l’idéologie guidé par Infernus, guitariste, perpétuait dans l’héritage des nouveaux membres influents de la horde, à savoir King Ov Hell (bassiste et principal composition de ce dernier et "Twilight of the Idols") et Gaahl (chant).

Mais malgré cette même ferveur spirituelle guidée par l’aura du groupe, les membres en arrivèrent à s’entredéchirer pour aboutir à un procès foncièrement grotesque, où chaque partie de Gorgoroth luttait pour obtenir les droits qui, à leur goût, leur revenait respectivement de plein droit. Suite à cette grotesque mascarade, pleinement financière et à mille lieux de la quête idéologique du combo, Infernus fut finalement déclaré propriétaire légitime du monstre, malgré le fait que les derniers opus composés par King furent ôtés de la discographie officielle du groupe.
Après quelques mois où deux Gorgoroth s’affrontaient respectivement, King ov Hell et Gaahl donnèrent finalement un nom à leur nouveau méfait, à savoir God Seed, mais le vocaliste décida pendant un temps de se retirer de la scène musicale (ce dernier avait vécu une incarcération de plusieurs mois pour violence sur autrui et désirait prendre du recul). Les compositions écrites aboutirent donc à un album sortant sous le propre nom du bassiste, répondant au patronyme de "The Underworld Regime", avec notamment Shagrath (Dimmu Borgir) au chant et moult musiciens reconnus aux instruments (Frost, Ice Dale…).

C’est aujourd’hui l’heure d’un véritable départ pour God Seed, qui, mis à part un album live enregistré au Wacken avec des compositions de Gorgoroth, ne disposait encore d’aucun album original. "I Begin" voit aujourd’hui les ténèbres du jour, et s’apprête à démontrer sa suprématie incontestable sur l’empire black metal que s’est lui-même créé le talentueux bassiste, l’un de ces grands musiciens des dernières années.
Délaissant très loin les comparaisons avec le désastreux "Quantos Possunt Ad Satanitatem Trahunt" de Gorgoroth (malgré le retour de Pest aux vociférations), "I Begin" est un album rejetant toutes les conventions, les barrières stylistiques et les stéréotypes du black metal pour s’affranchir complètement de quelconques influences et s’imposer comme une entité unique et hypnotique.

Enregistré par des musiciens expérimentés mais moins reconnus, God Seed prend la voie de l’expérimentation en s’éloignant du black metal cru et minimaliste de ses influences. L’intervention massive de claviers (interprétés par Geir Bratland, l’actuel claviériste de Dimmu Borgir) y est également pour beaucoup, apportant une vision expérimentale et non-conventionnelle très importante, s’enlisant parfois dans les tréfonds d’une musique industrielle et noise. I Begin reprend là où l’expérimentation de "Twilight of the Idols" s’était arrêtée (particulièrement dans le rendu vocal infernal et maladif de Gaahl) avec une production plus proche d’"Ad Majorem Sathanas Gloriam", mais avec un aspect plus organique et vivant.
"Awake", portant très bien son nom, laisse éclater la haine viscérale de Gaahl sur un blast beat très tendu et ses hurlements d’outre-tombe reconnaissables entre mille. On ressent dans la production un aspect sale mais pourtant presque moderne, avec énormément d’effets sonores apportant une vision hypnotique et presque surnaturelle. Charismatique et dogmatique, Gaahl impose son aura démoniaque tandis que les claviers apparaissent de plus en plus tout au long de la composition. "This from the Past" poursuit sur un riff relativement proche de "Wound Upon Wound" mais avec, une fois de plus, une prépondérance des claviers. Néanmoins, ils ne se relèvent jamais symphonique ou « easy-listening », ils sont au contraire un vecteur pour rendre la musique encore plus sombre et possédé, mystique même.

Le black metal de God Seed prend une tournure résolument unique et non-conformiste sur les compositions suivantes, où le rythme se ralenti pour donner plus de consistance aux ambiances infernales composées par King ov Hell. "Aldrande Tre" est ainsi une longue descente aux enfers aboutissant sur un riff impitoyable et incroyablement intense, sur lequel Gaahl ne fait que susurrer ses tourments dans une interprétation saisissante et exorcisante. "Lit", plus lente et mélancolique, se veut plus sombre encore par l’intermédiaire du chant clair du norvégien, emplie de souffrance et de haine. Les claviers sont au centre du break, alors que les guitares s’effacent pour offrir un pont presque progressif avec une descente de gammes au piano. Dans un esprit similaire, "Alt Liv" délivre de véritables trésors d’interprétations autant dans la ligne de basse que dans le chant toujours aussi impérial, entre narrations, déclamations claires et hurlements d’animaux. La batterie, élément fondamental de la composition, permet une aération totale des parties et une intelligence de chaque instant. Se rapprochant volontairement de l’ambiant ici dans l’approche, cette vision trouve son paroxysme dans le terminal "Bloodline", entièrement électronique et industrielle, terminant sa révérence sur des cris de jouissance, des samples de perversions et une boite à rythme glaciale. Le black metal n’est désormais plus, une nouvelle page se tourne et le règne de God Seed se trouve déjà à feu et à sang, diabolique et pervers, abyssal et résolument obscur.

Obscur. C’est le terme qui convient le mieux à ce "I Begin" (intitulé de plus fort symbolique) car, si la violence est bien présente, ce n’est plus le chantre de King ov Hell. L’ambiance, l’obscurité et les émotions dissidentes que procurent l’écoute de cet album ne sont que les premières étapes d’un psyché résolument tourmenté et, en frisant la schizophrénie, entrouvre les portes du génie face à lui. "I Begin" est certainement l’album de black metal m’ayant le plus intrigué, impressionné et passionné depuis le "Ylem" de Dark Fortress, une création unique et personnelle, osant s’afficher sur les sentiers de l’anti-conformité. Une création ultime d’un black metal que l’on osera qualifier d’évolutif.

18 octobre 2012

Orden Ogan : To the End

OO_TTE-C_1500x150017/20

""To the End" permet de parachever la domination d’Orden Ogan sur la sphère power épique actuelle [...]"

 

 

La couronne ne tarda pas à lui être offerte. Sa domination pris un effet presque immédiat, le nouveau souverain voyait déjà ses ouailles à ses pieds, attendant avec impatience ces nouvelles aventures, ses prochains combats et ses glorieux faits d’armes. L’empire d’n OrdeOgan, dans l’enthousiasme absolu de sa supériorité évidente avec "Easton Hope", était d’ores et déjà dans le monde des grands.

Après avoir ravagé l’Europe avec Tiamat ou Freedom Call, les guerriers allemands, sous le joug du charismatique Seeb Levermann (chanteur, guitariste et compositeur) ont pris une dimension bien plus grande et sont désormais fort attendus à l’orée de la présentation de leur nouvelle bataille. Outre plusieurs changements de line up, avec les arrivées de nouveaux bassiste et batteur, Orden Ogan avait également tout a prouver après un excellent "Vale" et un ultime "Easton Hope" qui les avaient véritablement fait exploser de par leur puissance, leur créativité, leur ouverture d’esprit et surtout cette sensation de virulence, de grandeur et d’agressivité que l’on ne trouve que trop rarement dans le metal mélodique actuel. Intitulé "To the End", ce cinquième album serait donc l’album de la confirmation ou ne serait pas.

Pour faire court, de la confirmation, cet opus l’est, mais il n’apporte pas une dimension suffisamment supérieure pour emmener le groupe à un niveau encore plus élevé. Que les choses soient claires, "To the End" est un opus très fouillé, technique et impérial d’un point de vue composition et interprétation, mais le niveau et la surprise furent telles avec "Easton Hope" que la même recette n’a pas fonctionné une seconde fois, pour la simple raison qu’Orden Ogan était désormais attendu. Clairement, que ce soit les chœurs, encore plus en avant, l’interprétation sans faille des musiciens ou de Seeb derrière le micro, la puissance de la musique (parfois moins terrible que sur le précédent, mais du coup plus riche) ou la talent dont ils font preuve pour façonner des hymnes, "To the End" est sans défaut, mais le caractère ultime d’"Easton Hope" n’est plus là, même s’il est certain que cet album permettra de poser définitivement le groupe comme les grands d’aujourd’hui, ceux qui marqueront le style dans les années à venir et dont la popularité ne cessera de grandir avec le temps, loin de n’être que de vulgaires fétus de paille.

Car, après une introduction sympathique et montant doucement en puissance (même si loin du lyrisme éblouissant de "Rise and Ruin"), le morceau éponyme écrase tout sur son passage et démontre que la puissance est toujours le leitmotiv de nos teutons. Vocalement, le timbre si reconnaissable et unique de Seeb est parfait. Le nouveau batteur Dirk Meyer-Berhorn est très impressionnant dans son jeu de toms et enrichit considérablement la composition, tandis que le riff principal évolue constamment et sera déjà un grand moment des concerts. Une grande virilité se dégage de la musique, à la fois agressive mais tellement gracieuse et épique, dont les chœurs permettent à l’auditeur de s’élever au-dessus de la masse. Puis viennent les soli…et là, on se souvient clairement ce qui avait fait la grande force de l’opus précédent. Toujours aussi tranchants, inspirés et démesurément longs, ils sont souvent la colonne vertébrale des longues plages instrumentales et surprennent constamment en prenant à contre-pied l’auditeur, en partant sur des sonorités ou des gammes très différentes entre les parties de Seeb ou Tobi Kersting (le passage en tapping est, comme sur "Nobody Leaves", une véritable merveille).

C’est également pour cela que les compositions évoluent dans une moyenne de cinq minutes, voire plus. Premier clip de l’album, "The Things we Believe In" met en avant le concept principal de l’album, à savoir les dérives de la population acceptant les leaderships abusifs de nos hommes de pouvoir, transformant ainsi le monde en un vaste champ de guerre et un no-man’s land apocalyptique et incertain. Plus lent mais rythmiquement tout aussi costaud, ce titre brille par le caractère imposant de ses chœurs, pour lesquels pas moins de dix-huit personnes ont participé pour renforcer leur aspect solennel et leur donner une amplitude encore plus grande. A l’inverse, la jolie ballade "The Ice Kings" se révèlera plus discrète, presque minimaliste, très belle sur le refrain où Seeb se veut touchant et sincère. Peut-être un peu plus traditionnel dans son approche des riffs, plus allemande pourrait-on presque dire, des titres comme "Land of the Dead" ou "Dying Paradise" portent clairement la porte de Gamma Ray ou de Freedom Call dans cette volonté de délivrer un metal très épique mais qui ne laisserait jamais en retrait la vélocité de la double pédale de grosse caisse ou la rugosité des riffs. "Till the Stars Cry Out", s’ouvrant sur un riff supersonique, lève ainsi ensuite un peu le pied pour, une fois de plus, se baser presque intégralement sur les chœurs ; à tel point que le titre ne possède presque aucune ligne vocale principale, celle-ci étant plutôt secondaire. C’est ici que l’influence de Blind Guardian prend donc tout son sens, car si le timbre de Seeb renvoie toujours à Hansi (leurs deux voix étant naturellement proches), la manière de composer et cette énorme complexité vocale évoque clairement la période la plus difficile d’accès du gardien aveugle, notamment le très expérimental "A Night at the Opera". Le break de ce titre fait d’ailleurs penser à James Horner, notamment pour les passages à la flûte.

On sent que le groupe cherche à sortir du lot, à créer sa propre musique et son univers unique et c’est donc fort logique que certains passages se cherchent encore tandis que d’autres se veulent sacrément efficaces. Orden Ogan tente de sortir des cases et des schémas que le power allemand distille depuis des années, et "This World on Ice" en est le meilleur exemple. Seeb, avouant être un grand fan de Meshuggah, n’hésite pas à syncoper sa musique et à la rendre bien plus glaciale et mécanique sur ce morceau. Il en ressort une atmosphère nouvelle, suffocante et bien plus sombre que les autres titres, salvatrice tant elle montre cette volonté de surprendre. La marque et la griffe du groupe sont toujours bien là (le refrain se rapproche de celui de "Welcome Liberty") mais elle est en évolution et se pare d’une nouvelle corde à son arc. Quant au long "Angels War", il va dans une direction complètement différente du très lourd et sombre "Downfall and Decline". Très épique et proche presque d’une musique de film, il se partage entre passages très aériens et d’autres beaucoup plus lourds et épais, aux riffs légèrement syncopées également, où une multitude d’arrangements apportent une couleur très riche à l’ensemble. Ceux qui recherchent de la simplicité à l’écoute seront clairement perdus face à cette profusion d’éléments à discerner.

Si l’attente était peut-être trop importante, du fait de l’exceptionnel opus précédent, "To the End" n’en reste pas moins un excellent disque, qui permet de parachever la domination d’Orden Ogan sur la sphère power épique actuelle, même si une infime pointe de déception revient à la fin de l’écoute. Celle d’avoir entre les oreilles un album quasi parfait, sans failles apparentes, à la maitrise et à la production monumentales, mais dont l’écoute n’aura pas provoquer la jouissance escomptée, cette sensation de toucher le divin et la perfection du genre. Néanmoins, n’en doutons pas, "To the End" est une nouvelle étape de leur évolution, et c’est sans complexe que les allemands s’apprêtent à arpenter les plus hautes marches de l’Olympe metallique…et nous les accompagnerons sans ciller.

 

10 octobre 2012

Interview Klone [Florent Marcadet-batterie]

Après un retour en fanfare grâce à son superbe cinquième album intitulé « The Dreamer’s Hideaway », il était devenu indispensable de discuter avec le groupe pour en savoir un peu plus sur la conception de l’opus.
C’est le sympathique et tatoué Florent Marcadet (batterie) qui a accepté de répondre au jeu des questions, en évoquant la composition de l’album, les différentes phases mais aussi les deux tournées à venir, ainsi que son récent investissement dans Hacride pour lequel il a également enregistré le nouvel album. Un musicien excité et débordé qui a pris une grosse demi-heure pour s’entretenir avec nous. Et il a des choses à dire !

[Par Eternalis et GloryHoll]

Florent

1 – Salut Flo. Comment te sens-tu ? Vous entamez votre marathon aujourd’hui [ndlr : 10 octobre, première date de la Klonosphere Tour]. Un peu de pression ou pas du tout ?
Moi je suis prêt, je suis très excité à l’idée de tourner. J’ai hâte d’être sur scène et si je devais avoir de la pression, ce serait surtout parce que je vais faire ma première date avec Hacride, en plus de Klone. J’ai beaucoup travaillé pour ça et progressé. Je maitrise Klone depuis un petit moment maintenant mais Hacride est différent, plus technique. On va donc essayer d’envoyer le boulet !

2 – Justement à propos de Klone. Que s’est-il passé depuis « Black Days » ? Il y a eu la tournée avec Kings’X, l’ouverture du Hellfest, le ep « The Eye of Needle »…vous avez été bien occupés !
Beaucoup de dates comme tu dis, « The Eye of Needle » au moment du Hellfest pour relancer un peu la machine et surtout expérimenter le studio Sextan et depuis, on s’est surtout focalisé sur le nouvel album. Je te laisse imaginer le boulot que ça demande, énormément d’investissements et de travail personnel pour en arriver au résultat que tu peux entendre.

On est super contents de cet album, on a fait le maximum et c’est un nouveau bébé à défendre, autant sur disque que sur scène. Donc on ne s’est pas ennuyé comme tu vois (rires)

3 – « The Eye of Needle » donnait déjà beaucoup d’indices sur ce qu’allait devenir « The Dreamer’s Hideaway ». Est-ce que cela a été une sorte de laboratoire, de test pour tâter le terrain avant le véritable album ?
C’est possible. Après réflexion, c’est un peu difficile car nous n’avons pas analysé la chose lorsqu’elle a été faite, mais c’est vrai qu’il y a eu une étape de franchi dans le son, dans les couleurs et les propositions avec « The Eye of Needle ». Le chant de Yann était plus mélodique, l’orientation plus progressive. « Black Days » était rugueux et noir, alors que l’ep est plus spatial et lumineux. Ce n’est pas évident de se retourner sur quelque chose de si proche mais cela a été véritablement une inspiration.

Comme tu vois, le nouvel album est encore plus atmosphérique, il y a très peu de passages criés. On évolue naturellement et, c’est en se retournant, que l’on se dit « En effet, on a évolué dans telle ou telle direction ». Mais dans le « rush », ce n’est évident de s’en rendre compte.


4 – Comment décrirais-tu « The Dreamer’s Hideaway » ?
L’album est plus direct et efficace que « Black Days ». Quand je dis efficace, ce n’est pas péjoratif car quelqu’un recherchant une certaine complexité auront quand même de la matière. Cependant, les mélodies sont plus accessibles, il y a plus de riffs en note, moins de nappes ambiantes comme précédemment. Ce sont des chansons qui se retiennent mieux.

Yann a fait un boulot énorme au niveau du chant et des mélodies. Je peux le dire car ce n’est pas moi qui l’ai fait (rires). On a la chance de l’avoir et il a sublimé l’album. On avait déjà de bonnes compositions et lorsqu’il a posé sa voix, ça a été une grosse claque pour nous car il a emmené les compositions à un niveau supérieur.

"Il faut être réaliste, Gojira a l’un des meilleurs batteurs
au monde dans le style."

5 – Comme je disais dans ma chronique, plus accessible car il se retient facilement mais très profond dans son interprétation…
Plus riche oui. Il y a matière à digérer avec le temps mais les premières écoutes accrochent tout de même. Ce n’est pas de l’ultra technique mais cela reste Klone, c’est notre personnalité depuis le début.

6 – A propos de toi, tu as enregistré tes parties de batterie il y a maintenant plus d’un an. Comment as-tu suivi l’évolution de l’album pendant ce laps de temps, que l’enregistrement avançait ?
Il y a la phase de composition collective et l’enregistrement de mes parties. Derrière, j’ai simplement laissé faire Guillaume [Bernard : guitare] et Aldrick [Guadagnino : guitare], le nouveau guitariste qui nous a rejoint après le départ de Mika. Guillaume a véritablement le rôle d’arrangeur, c’est lui qui a la vision globale de la musique et de la composition, qui va savoir où il faut aller et qui donne un peu les instructions sur la manière de procéder. Je dois t’avouer que je lui fais entièrement confiance sur ce point, idem pour la basse ou Yann et le chant. Je leur laisse la liberté qu’ils me laissent pour mes parties de batterie.

Parallèlement, j’ai beaucoup bossé avec Hacride car ils m’ont proposé la place et je suis sorti un peu de Klone pour enregistrer également le nouvel album. Ce fut assez épuisant, car j’ai dû m’adapter à leur musique qui est très différente de Klone.

Je me suis ensuite impliqué dans le mix de « The Dreamer’s Hideaway » au niveau des détails.


7 – Le break de « Rocket Smoke » est assez inhabituel, très technique au niveau de la batterie et des guitares. Comment bossez-vous ces parties où justement, on a la sensation que chacun part dans tous les sens pour donner ce résultat très puissant ?
C’est difficile à répondre. Je t’avoue que je ne sais plus vraiment comment s’est passé ce moment-là en composition mais c’est vrai que je travaille beaucoup de plans, seul, et parfois, j’en ressors lors de la composition. Ce plan là passait très bien sur ce tempo. Je ne crois pas que tout avait été pensé avant mais il est certain que nous avons eu le luxe d’avoir beaucoup de temps de répétition, ce qui n’est pas négligeable.

On a beaucoup travaillé à deux ou trois, car plus ne permet pas d’être vraiment efficace. Certaines matinées ne donnaient rien et lors d’autres moments, on sentait qu’il se passait quelque chose.


8 – Il y a également « Into the Void » qui m’a marqué. Les sonorités sont très particulières et spatiales. Comment Matthieu travaille-t-il ce genre de parties qui frisent parfois l’expérimental ?
(rires). Il a une culture musicale très différente de la mienne par exemple. Je serais incapable d’apporter les idées qu’il a. Il est très impliqué dans le jazz, le classique et il a des accords très tendus, voir dissonants et ça apporte indéniablement un gros plus à notre musique.

Je ne suis pas dans son laboratoire de savant fou quand il compose car ça a en plus été fait dans la période où j’étais dans Hacride. Il a proposé énormément de choses, qui ont été retenues ou non derrière dans les morceaux, et ça a même été déroutant au début.

Par exemple, je viens du hardcore et du punk, sans arrangements, et notre musique au début est très brute. Et Matthieu arrive et boom, il plante tout avec ses arrangements (rires). Du coup, il faut s’adapter de nouveau car nous perdons les repères que nous avions avec les titres et c’est avec le temps que cela devient génial car on se dit que finalement, si ces éléments n’étaient pas là, ça nous manquerait. Il aime nous surprendre et sur ce plan-là, il n’y a pas de soucis !

1-30


9 – Et il sera avec vous sur scène ? [ndlr : il sera d’ailleurs là ce soir-là au Confort Moderne]
C’est compliqué car il est très pris mais il va être là la moitié du temps environ. Une date par ci par là, quand il pourra prendre l’avion et repartir ensuite. On a arrangé notre set de manière à ce qu’on puisse jouer avec et sans lui. De toute façon, c’est une proposition live donc qui est forcément différente de ce qu’on fait en studio. Cela apporte quelque chose qu’il soit là, c’est un vrai plus mais quand il n’est pas là, on peut jouer sans lui.


10 – Il a également composé l’intermède « Statum », qui me fait beaucoup penser à Silent Hill dans son ambiance crade et suffocante, très glauque. Est-ce que tu sais s’il en a été influencé ?
J’ai l’image de lui en train de faire mais c’est tellement abstrait que je ne saurais dire ses réelles inspirations. Je sais où il habite, dans sa chambre avec son vieux pantalon trouvé à triper sur ses machines (rires). Les gens ne sont évidemment pas censés savoir ça !

Klone a toujours cette petite touche qui permet à la musique de respirer. Certaines personnes se demandent surement ce que ces éléments viennent faire là mais Matthieu Metzger parvient à créer un espace-temps justement hors du temps. C’est très bénéfique.


11 – L’album sort chez Klonosphere Records, et non sur Season of Mist. Qu’est-ce qui fait que, cette fois, Guillaume a sauté le pas et a décidé de sortir son propre album sur son label ?
Il te répondrait mieux que moi mais il a emmagasiné beaucoup d’expérience avec le temps et il a désormais une véritable crédibilité auprès des groupes et des labels. Ce qu’il fait avec Klonosphere Propagande a évolué et il commence à avoir de la bouteille et fait très bien le travail, aussi bien que beaucoup de labels.

Certes, nous avons toujours besoin de la distribution, et pour cela, Season nous épaule mais tout le travail de promotion et de sortie d’album, il le fait parfaitement bien. Les retours de la presse sont excellents et très efficaces. Le choix était également d’être plus autonome financièrement, et de pouvoir gérer uniquement nos ventes de disques.


12 – Cela change-t-il quelque chose pour vous ?
Non, pas du tout. Il te répondrait, encore une fois, plus précisément que moi, mais il saura faire une véritable promotion dont Klone mérite vraiment. Les labels sont utiles mais aujourd’hui, ils ont également des impératifs qui ne sont pas toujours en adéquation avec ceux des groupes.

Pourtant, nous faisons partie des groupes français qui vendent relativement bien, avec environ 2000 albums, ce qui n’est pas mal du tout. Klonosphere fait son travail vraiment très bien, Guillaume ne dort pas beaucoup en ce moment, et quand je vois les retours, je me dis que c’est vraiment parfait.


13 – Tu parlais justement d’Aldrick tout à l’heure. Comment s’est passé sonintégration et quel a été son rôle sur le nouvel album ?
C’est le guitariste de Step in Fluid, dans lequel je joue avec Harun de Trepalium, donc on se connaissait déjà. Mika est parti car il avait sa famille et Aldrick était disponible. Instrumentalement, il est vraiment très fort et lorsqu’on lui a demandé, il a accepté de suite donc ça a vraiment été le plus naturel du monde.

Tout a été très rapide, il a enregistré l’album, c’est-à-dire les guitares rythmiques. Je te laisse imaginer son excitation d’arriver dans un groupe avec un nouvel album et une super tournée qui se présente.

 

"Pour les critiques positives à l’étranger, on entendait « C’est vachement bien pour un groupe français » "



14 – En parlant de la tournée. Après le Klonosphere Tour, vous partez en Europe ouvrir pour Gojira. Est-ce que vous avez une certaine pression de représenter la France avec le mastodonte qu’est Gojira ?
De la pression…je te dirais non. La pression fut surtout d’organiser l’évènement, plutôt que celle de se dire « Comment on va faire face à cette machine de guerre ? ».

Personnellement, j’ai plus la pression pour cette première tournée car je dois enchainer Klone et Hacride, ou l’inverse, et ça risque d’être un sacré défi physique.

Mais sinon, jouer dans les pays du nord et se confronter à ce nouveau public est une super expérience. Et partager ça avec Trepalium qui sont de supers potes, pour une tournée 100% française, je ne sais pas ce qu’on pourrait demander de mieux. Donc pression comme je te disais, mais pression positive.


15 – Tu es devenu un membre permanent de Hacride ?
Oui. L’album sortira en février sur Indie Recording, label norvégien. Il risque d’y avoir beaucoup de dates également, et il faudra combiner Klone et Hacride en espérant que les dates ne se chevaucheront pas pour ne léser personne. Je suis à 100% dans les deux groupes et j’espère que tout se passera pour le mieux, également physiquement.

Je me suis énormément préparé, je maigris beaucoup (rires). Je fais 5/6 heures de batterie par jour et j’ai beau manger comme un fou, je n’arrête pas de perdre du poids (éclats de rires). Je ne vais même plus courir, je n’ai plus le temps. Hacride est en plus très dense et physique, et mon jeu initialement n’était pas en phase avec le groupe. J’ai une frappe puissante, pas forcément véloce donc j’ai mis pas mal de temps à vraiment appréhendé les parties du groupe. J’aime que tout soit fixé, que les choses soient fixées. En fait, je n’aime pas improviser les choses, il faut que je sache bien avant.

Si tu veux, Olivier, le premier batteur du groupe, improvisait beaucoup et se laissait beaucoup de marge de manœuvre d’un concert à l’autre. C’est un chat, un félin…d’un show à l’autre, ça pouvait être un break ou au contraire un plan continu…alors que moi, je ne suis pas du tout comme ça. Je fonctionne sur des temps, peut-être trop. Mike, le batteur précédent, était un peu entre nous deux, avec énormément de technique, bien plus que moi. Je suis sans doute plus obsessionnel que les autres à ce niveau-là (rires).


16 – Est-ce que tu crois que, qu’il s’agisse de Klone ou Hacride, vous êtes capable de grossir et d’acquérir une notoriété comme Gojira ?
Honnêtement, non. Il faut être réaliste, Gojira a l’un des meilleurs batteurs au monde dans le style. Je ne dis pas que c’est l’élément unique mais Mario est monstrueux. A un moment donné, des groupes comme cela sont obligés d’avoir le succès qu’ils ont aujourd’hui et si tu as des musiciens aussi monstrueux que ce quatuor, ce serait une injustice s’ils n’étaient pas plus hauts.

Nous sommes quand même dans un autre domaine, plus pop je dirais, même si ce n’est pas forcément plus accessible. Ils ont un talent de malade, ils ont eu des opportunités à un moment donné qui font qu’ils en sont là car il y a toujours également un léger facteur chance. Tous ces ingrédients font que je pense qu’il n’est pas possible d’être à leur niveau, même si on en révérait évidemment. On va aller le plus loin possible, tout simplement.

Je pense en revanche que Gojira a apporté une dynamique, une crédibilité pour la scène française qui nous fait beaucoup de bien. Tu vois, pour les critiques positives à l’étranger, on entendait « C’est vachement bien pour un groupe français » ; ce qui veut bien dire qu’il y a un manque de crédibilité de notre scène et j’espère sincèrement que tout ça est en train de changer. Gojira est originaire de Bayonne, ce qui prouve bien qu’on a pas besoin d’être né à New-York pour faire de bonnes choses (rires). Ils démontrent à merveille que l’on a autant de choses à défendre que les autres pays, qu’il faut être fier de notre scène et qu’il faut la défendre.


17 – Merci beaucoup en tout cas. Bon courage pour la tournée à venir. Je te laisse le traditionnel mot de la fin pour dire ce que tu veux…
Ecoutes merci pour cette première interview de la tournée. On va donner le maximum de nous et j’espère que ce sera une bonne partie de rigolade avec Trepalium et Hacride.

 

Flo

30 septembre 2012

Klone : The Dreamer's Hideaway

PochetteHD18/20

"Klone n’est désormais personne d’autre que lui, une entité propre et personnelle."

 

 

Evolution. Mouvement. Apogée. Paroxysme.

Évoquer le déplacement, l’instabilité et, de ce fait, le refus de la stagnation, est comme l’aveu d’un artiste cherchant constamment à innover, à vivre, à évoluer afin de muer en une créature toujours plus mature, mure et adulte, se rapprochant de sa forme archétypale et définitive. Dans ce contexte, les considérations du passé sont vaines, tant la bête rejette impartialement ce qui fut accompli avant pour se focaliser uniquement sur un avenir restant à graver. La créature rode, attend son heure…il semblerait qu’il soit désormais temps…les expérimentations sont arrivées à leur terme, le temps des balbutiements n’est plus, la mue est terminée. Acéré et assoiffé, le prédateur est plus déterminé que jamais.

"The Eye of Needle" était apparu comme le commencement encore imparfait, mais terriblement novateur et viscéral, du futur et de la métamorphose de Klone, qui n’emprunterait définitivement plus les chemins d’un death atmosphérique et progressif qu’on lui a tant vanté après la sortie d’"All Seeing Eye". Un an après ce ep qui prend désormais la forme d’un virage sans équivoque, Klone s’apprête à envahir le monde avec un album qui risque de laisser clairement des traces auprès d’auditeurs qui ne s’attendaient sans doute pas à ça.
Le temps des expérimentations abusives est loin derrière, celui de la quête du style également…Klone n’est désormais personne d’autre que lui, une entité propre et personnelle, au son unique et à la personnalité individuelle. Embrasant de multiples influences, allant du grunge des années 90 au rock progressif des 70s en passant par le prog ou la musique alternative plus récentes de Tool ou encore A Perfect Circle. Mais, loin d’imiter ou de plagier ces influences parfaitement intégrées avec le temps, les poitevins en tirent la quintessence pour livrer une musique unique, viscérale, planante et écorchée, au rapport constamment humain et à l’émotion toujours palpable, celle de musiciens passionnés et vivant pour leur art, loin des groupes de bas étages jouant un style par intérêt ou pour une quelconque reconnaissance.

Cette personnalité si unique, Klone la doit également désormais en grande partie à Yann Ligner, auteur d’une performance vocale à couper le souffle sur ce cinquième album prénommé "The Dreamer’s Hideaway". Vivant ses textes, véritablement possédé par ses mots, s’intégrant à la perfection dans une musique plus sombre et brute, s’étant débarrassée du superflu pour toucher directement sa cible. Viscéral et incroyablement humain, Yann a presque complètement abandonné son penchant death pour se tourner vers une tonalité naturelle, qu’il maitrise parfaitement, entre douceur et brutalité, pour ne jamais sombrer dans un quelconque manichéisme vocal.
Grand investigateur de cette réussite complète, Klone est pourtant un groupe soudé, que le départ de son second guitariste Mika, n’aura pas perturbé pour la conception de ce nouveau chef d’œuvre. Débutant par ce que l’on peut d’ores et déjà nommer comme ses trois meilleurs morceaux, "The Dreamer’s Hideaway" décolle de manière stratosphérique avec successivement "Rocket Smoke", le morceau éponyme et l’incroyable "Into the Void".

Très rock dans son approche, tout en se complexifiant progressivement, "Rocket Smoke" est une petite merveille qui permet de mettre en exergue le magnifique travail rythmique que Florent Marcadet a réalisé derrière ses futs. Un riff simple mais se décantant au fur et à mesure, prend de la puissance dans le temps en même temps que Yann explose sur un refrain catchy et s’assimilant très rapidement, parfaitement chanté de ce timbre rocailleux usant d’un vibrato maitrisé de bout en bout. C’est alors que, surgissant de nulle part, un break assassin et très technique s’abat, laissant se déchainer Florent à la batterie et les riffs de Guillaume Bernard s’épaissir jusqu’à en devenir un véritable mur de son compacte mais pourtant d’une densité incroyable. Les sonorités étranges si chères à Klone refont alors surface (le boulot de Matthieu Metzger aux claviers et au saxophone est également à mettre en lumière), preuve que l’âme du groupe est plus que jamais présente. Yann s’envole littéralement sur ce final, agressif sans pour autant être violent…une merveille caché entre plénitude et colère.
Le morceau éponyme surgit dès lors avec un riff plombé et une ligne de basse très en avant. Une fois encore, la tonalité alternative est présente, les guitares se font sifflantes et Yann chante de manière écorchée, blessée mais pourtant si belle et vraie. Le break à la guitare acoustique est une porte merveilleuse vers la mélancolie de nos souvenirs, le précipice de nos actions passées…les lignes vocales sont à nues, superbes et à fleur de peau. Le saxophone surgit, intriguant et ombre abstraite tel un esprit vivotant entre passé et présent…la musique se fait de plus en plus atmosphérique jusqu’à cette dernière envolée belle à pleurer…avant "Into the Void".
Peut-être le meilleur morceau que Klone n’ait jamais composé, il débute lentement pour exploser sur le chant puissant et viril de Yann, ponctué d’éruptions volcaniques de riffs. Une fois de plus, le travail tout en finesse et en intelligence de Florent est à souligner (ce jeu de cymbales et de toms est juste remarquable). Les couplets montent doucement en puissance, se faisant de plus en plus intenses et viscéraux, dans la lignée d’un Karnivool, avant que Matthieu de se livre à des expérimentations sonores qu’Arjen Lucassen ne renierait pas, sortant des sons spatiaux incroyables et s’imbriquant merveilleusement dans cet ensemble harmonique.

Évidemment, "The Dreamer’s Hideaway" n’est, et ne devra, pas se résumer à ces trois perles ultimes, mais débuter de cette manière, est en soi un exploit qu’il sera à l’avenir très difficile de dépasser. Mais il sera impossible de passer sous silence le robuste et redoutable "Rising", où Yann retrouve sa rage passée presque death metal, tandis que le saxophone s’y fait plus fou et déstabilis(é)(ant) que jamais. "Siren’s Song" permet de continuer la plongée dans ce monde si attirant et familier que nous dépeint le groupe. "Statum", instrumental de deux minutes, nous plongera dans un univers glacial et maladif, ambiant et bruitiste pas si éloigné du monde de Silent Hill…avant le long "Walking on Clouds", revenant aux horizons de "The Eye of Needle", mais dans une optique plus sombre et désespéré, les samples opérant comme des sons lointains et difficiles à cerner. L’isolement semble y être plus important, l’atmosphère presque claustrophobique. Quant à "A Finder Snaps", on ressent fortement le grunge dont Guillaume est un grand fan, particulièrement Pearl Jam, dans cette volonté plus directe et rock n’roll de composer. Dug Pinnick (Kings X) vient d’ailleurs épauler Yann sur ce titre.
Inutile d’ajouter, pour ceux qui en douteraient, que la production ne souffre pas de l’ombre d’une imperfection. Très puissante, extrêmement organique et chaude, elle est l’élément incantateur de la musique de Klone, ce qui lui permet de s’incarner tel que nous le connaissons, Franck Hueso ayant désormais compris dans ses moindres détails la personnalité complexe et androgyne des poitevins.

Klone vient de frapper très fort avec "The Dreamer’s Hideaway" qui, n’en doutons pas, marquera tout d’abord la fin de l’année 2012 de son empreinte et (s’il existe, la fin est proche) le futur du combo. A la fois personnel, unique, sincère et humain, l’album est une ode à la créativité, à la franchise dans la composition et la sincérité dans l’interprétation. Le groupe s’investit corps et âme dans un album qui, lorsqu’il nous pénètre, semble rappeler en nous des éléments de nos existences, des chapitres importants, tristes. Épisodes mélancoliques que Klone est parvenu à réveiller avec son art, ils sont la clé de voute d’une compréhension d’un album aussi complexe qu’il n’est simple d’accès.
La grande porte s’ouvre désormais face à eux…plus rien ne les retient. Klone est grand. Infiniment grand.
Publicité
1 2 3 > >>